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07/11/2012

Laurence Klein: «Il faut être un peu timbré»

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Elle est née bien loin du désert, mais elle a très vite appris à le dompter. Tenante du titre chez les femmes et victorieuse à trois reprises de l’épreuve, Laurence Klein est une référence dans le monde de l’ultra trail, au point d’organiser des stages de préparation au Maroc pour les néophytes. Avant de courir en avril sur son terrain favori, j’ai souhaité l’interroger sur son approche de l’événement, ses souvenirs, sa philosophie. Entretien avec une championne hors norme.

Pour retrouver le site de Laurence Klein, cliquez ici...

Dans quelle catégorie classeriez-vous cette course?

Elle est à part parce qu’on est en autosuffisance. Le fait d’être comme ça pendant six jours, c’est complètement différent. Ça classe cette course hors catégorie. Il faut une telle résistance physique et morale au fil des jours… Il faut supporter le climat, le poids du sac à dos qui pèse 8kg. On peut lâcher à tout moment.

C’est aussi un esprit particulier…

Oui parce qu’il n’y a pas beaucoup de public, mais il y a les enfants du désert qui surgissent de nulle part. Là où il n’y a pas de village. Ils font des dizaines de kilomètres pour voir ce Marathon des Sables. L’an passé, à 2km de l’arrivée d’une étape, il y a un petit garçon en claquettes qui m’a accompagné en me tenant la main. C’est énorme. Le but, c’était de lui faire passer la ligne d’arrivée. C’est assez extraordinaire.

Qu’appréciez-vous principalement dans cette course?

J’aime le désert. Ce silence, ces grandes étendues. J’adore courir seule. Moins dans nos forêts, mais dans ce désert, oui. Le visuel est tellement important… cette chaleur, les odeurs, le souffle du vent, c’est assez énorme. Le Marathon des Sables, c’est aussi un condensé de vie. On fête des anniversaires, on apprend qu’un concurrent est papa, il y a des demandes en mariage. Et puis il y a les derniers concurrents qu’on attend tous ensemble. Même si on a des ampoules, on applaudit le dernier qui a mis 32 heures pour finir son étape.

Faut-il être un peu fou pour y participer?

Je pense que pour participer à tout ce qui est course d’extrême, il faut être un peut timbré. Je ne peux pas dire non à ça. Mais à chaque fois sur cette course, je repars à l’essentiel. De nos jours, on est submergés par la téléphonie, plein de choses à la maison. Là, il faut ramasser des brindilles pour faire un feu. Cuisiner au milieu du désert. L’eau est restreinte puisqu’on a quatre litres chaque soir pour se laver, se nourrir, laver ses affaires. Nous qui avons des douches à perte à chaque fois, ça nous fait pas de mal. J’aime bien cette dimension.

Est-ce plus éprouvant qu’un 100km?

Oui. Sur la durée, c’est 23-25 heures de course. On passe d’une température de 45 degrés l’après-midi à des températures basses le soir. Sous les 10 degrés. L’amplitude thermique est importante. Et avec la fatigue, on ne peut pas faire semblant. Sous la tente on voit vraiment le caractère de chacun. On redevient authentique dans une course qui est authentique. Que vous soyez cadre ou ouvrier, vous vous retrouvez avec votre sac à dos au milieu du désert comme tout le monde. Les différences sont nivelées et ça fait du bien.

Quel souvenir marquant gardez-vous de cette course?

La première année, je suis à la bagarre avec une Marocaine, Didi, c’est mon adversaire principale. On est dans une montée de djebel, une montagne de roche, et elle tombe. Elle se fait mal. Moi je suis devant et j’entends son cri, je la vois, elle n’arrive pas à se relever. Là je me dis non, je ne peux pas partir. Je lui tends la main, on se relève et on a fini ensemble cette étape. On a sympathisé et à l’arrivée, j’ai fini chez elle à partager un super couscous à Ouarzazate avec sa famille.

Optez-vous pour une préparation spéciale en amont?

Pas vraiment. Je ne m’entraîne pas dans le sable, je fais de la longue distance. J’ai un passé de coureur de 100 bornes. J’allonge mes entraînements. Je vais monter à 140 km/semaine. Là il faut arriver frais. Ce qu’il ne faut pas c’est s’entraîner comme un damné et arriver très affûté. Parce que ça veut dire qu’elle est où la réserve pour faire 250 km? Il vaut mieux être en léger surpoids qu’arriver affûté. Moi je perds 4kg. Il faut faire attention. Il peut y avoir de la casse.

Commentaires

Bravo

Je suis moi même coureur et j'ai comme projet de faire mon premier 100km en 2013. Et dans les années qui suivent de tenter le marathon des sables, car j'ai craqué pour le Maroc aprés avoir vécu une année à Marrakech.

Pourriez vous me communiquer les coordonnées de votre camp d'entrainement au Maroc, merci.

Cordialement

Hervé RICOLLEAI

Écrit par : ricolleau | 07/11/2012

Bonjour
J'ai participé à 3 MDS et je peux vous affirmer que tout ce qu'écrit Laurence est la pure vérité : le desert vous rappel qui vous êtes et vous remet les idées en place. Solidatité, entraide et souffrance sont des mots qui prennent leur vrai sens dans cet environement.
Une chose que ne dit pas Laurence : elle (Laurence) ne joue pas les "diva". Au contraire, je l'ai vu m'encourager lorsqu'elle m'a doublé lors de la grande étape, et je sais qu'elle le faisait pour chacun des concurents .... Merci Laurence, t'es une fille bien !!
Rémy

Écrit par : rémy Duprez | 08/11/2012

Bonjour, pour les stages de Laurence, les renseignements sont ici.

http://www.laurenceklein.com/stages.php?PHPSESSID=2c9e9fa41c0059ce40dc1b4182dd4c09

Écrit par : Romain | 08/11/2012

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