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06/01/2013

«Born To Run» ou l'éloge de la course en sandalettes

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Imaginez-vous courir plusieurs heures et des dizaines de kilomètres pieds nus ou presque? Munis de seules sandales de caoutchouc en guise de baskets. Voilà pourtant comment les Tarahumaras abordent la course à pied, ce qui vaut à ce peuple du Mexique d'être le héros du best seller américain «Born To Run». Récemment traduit en français, il décrit le mode de vie de ces athlètes hors pair, qui ont fait de la course à pied minimaliste un mode de vie.

Pour ce peuple établi «sur les flancs de falaise où les faucons ne nichent pas, dans une contrée où les visiteurs sont rares», la course de fond se vit d’abord de façon festive, en totale opposition avec le principe de compétition. A deux reprises, les Tarahumaras se sont présentés aux JO, à Amsterdam (1928), puis Mexico (1968) où ils avaient le potentiel de décrocher une médaille. Mais ils sont restés loin du podium. A chaque fois la même excuse: la distance de 42,195km était trop courte.

A la lecture du livre, on comprend qu’il est très difficile d’approcher ce peuple reculé. Seul un certain Caballo Blanco est parvenu à les apprivoiser. Grâce à cet Américain qui vit lui aussi dans les montagnes, le peuple ancestral s’est mesuré à des ultra runners aguerris, comme Scott Jurek, sur des courses au long cours pour un résultat que je ne trahirai pas ici.

Quelques digressions rendent la lecture particulièrement instructive, notamment en ce qui concerne l’industrie de la chaussure de sport, l’alimentation, le développement de l’ultra trail aux Etats-Unis et surtout le mouvement «minimaliste» dont les Tarahumaras sont les premiers ambassadeurs. Pour eux comme pour nos ancêtres, la course à pieds serait «la clé de la survie, de l’épanouissement et de la conquête de la planète, écrit Christopher McDougall, le journaliste auteur du livre. On courait pour manger, ne pas être mangé, trouver une compagne et l’impressionner (…) comme tout ce que nous aimons, il s’agit d’une nécessité ancestrale inscrite dans nos gênes. Nous sommes nés pour courir, nous sommes nés parce que nous courons.»

L’homme ne serait qu’un «animal qui a perdu la perception du sol avec la technologie. Les Tarahumaras n’ont pas perdu cela avec leurs sandales. Plus on met de protections, moins on utilise notre corps et plus on est fragile.» Les chaussures, accusées de tous les maux, seraient à l’origine de l’atrophie de la musculature du pied et de fait la principale source de blessure. Il y a certainement un peu de vrai dans cette idée et ce livre la défend admirablement. Mais tout dépend avant tout du type de terrain choisi pour courir. En vue du Marathon des Sables, je ne troquerai donc pas mes chaussures de course pour des sandales.

 

Commentaires

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Écrit par : gheno | 07/01/2013

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