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08/04/2013

Etape 2: Une petite douche, s'il vous plaît

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Le bonheur, c'est simple comme un quart de bouteille d'eau rationnée qu'on se renverse sur la tête après 6h30 de marche (oui de marche).

Pour cette deuxième étape, il fallait sortir les chaînes et les piolets. Avec trois montées de djebels (des montagnes dans le désert) sous 40 degrés, autant vous dire qu'on n'était pas beaux à voir à l'arrivée. A vrai dire, cela fait quatre jours qu'on n'est pas beaux du tout. Côté hygiène, le marathon des sables est une épreuve assez difficile à gérer. Pas de douche, puisque l'eau est rationnée, du sable un peu partout et aucun vêtement de rechange.

Pour ma part j'ai trois paires de chaussettes et autant de caleçons. Pas un de plus. Mais en les mettant à l'envers l'usage est doublé. En guise de toilette, je m'autorise deux lingettes pour bébé par jour. Et parfois un gant sec. C'est tout ce que j'ai pu mettre dans mon sac surchargé avec ma brosse à dents.

Pour les toilettes, cela se fait derrière une toile. Un siège en plastique est installé. Il suffit de mettre un sachet dessus pour faire son affaire. A cet endroit, les mouches sont nos meilleures amies.

Bref, sous la tente, avec mes six compagnons entassés sur quelques mètres carrés, ça sent le fauve. Et on s'en moque. Pour une si belle course, on peut mettre sa dignité de côté pendant six jours. Cela me permet déjà de rêver de la douche qui m'attend à l'arrivée. Parfois sur le parcours, je pense à ce plaisir simple. Mais les seules baignoires que j’aperçois au loin sont des mirages.

21:57 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (4)

Première étape: Highway to Hell

37 degrés, 37 bornes, et au moins 37 raisons de jeter l'éponge. Cette première étape nous a tous mis dans le bain, alors que la sono crachait «Highway to Hell» au départ. Les «anciens» sont formels, la direction de course ne s'est pas moquée de nous avec cette étape de purs hommes du désert. Bref de  touaregs. Avec un peu moins de 6 h de course, je m'en tire plutôt pas mal, même si j'ai marché sur la moitié du parours. Seulement mes pieds et mes ampoules commencent déjà à me faire souffrir. Et ce sera forcément pire dans les jours à venir. C'est le jeu. Côté course, le but était de gérer la chaleur extrême. Toutes les heures, je me suis donc avalé deux pastilles de sel, comme le recommandent les médecins. Dans le cas inverse, c'est la déshydratation assurée.

Il ne faut pas énerver un Corse

Certains en sont passé tout près comme ce Monsieur que j'ai croisé et dont je ne dévoilerai pas le nom. Il courrait avec sa femme et s'est arrêté net en lui disant: «Vas-y chérie, fais ta course, moi je finis en marchant». «Hors de question. Si moi j'ai un coup de mou, je veux que tu sois là. Tu ne vas pas te débarrasser de moi comme ça.» Emouvant. J'ai aussi fait quelques bornes avec un Corse qui a eu le malheur de broder une tête de Maure sur son sac. Résultat, il a eu droit à quelques «Boum, boum!» de la part d'un concurrent. «C'est ça, pauvre con. Tu crois qu'on fait tout sauter en Corse? Et les Basques, ils font quoi?» Le chambreur était espagnol et n'a pas compris un mot de la réponse en français. Il valait mieux pour éviter un esclandre en plein désert. Et repartir mardi pour les 30 bornes de la deuxième étape.

15:12 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1)

07/04/2013

Béni soit le collant long

Pas besoin d'arriver dans le désert marocain pour comprendre dans quelle aventure je me suis lancé. Dès l'aéroport, les concurrents en tenue, sac sur le dos se baladaient en salle d'embarquement, prêts à enfiler leurs guêtres pour courir. Je me suis même risqué à parler avec certains: «Quoi, tu as pris des pastilles combustibles? Mais un feu, je te l'allume avec des brindilles moi.» Ambiance.

Un pâtissier exilé à Dubaï, un boucher landais, une assistante de direction

Arrivé à Ouarzazate dans le sud du pays, et après cinq heures de bus, nous voilà au premier bivouac, au milieu du désert. C'est là que nous découvrons nos tentes. Pour toute la semaine, je serai dans la 45. Dans la rangée des «Français.»

Nous sommes donc sept et j'avoue être très bien tombé. A mes côtés, un pâtissier exilé à Dubaï, un boucher landais, un père médecin et son fils, une assistante de direction et un Dijonnais qui s'évertue à délester son sac surchargé. Le mien fait à peu près 10kg et a passé les contrôles sans encombres, juste après la première nuit sous la tente. Autant vous dire que j'ai renoncé à toute forme de confort.

Moins de 10 degrés et le vent qui s'infiltre sous les voiles de la tente

En tout, j'ai dû dormir deux heures, malgré mon masque de nuit et mes boules Quies. Il faut d'abord gérer les pierres qui nous maltraitent le dos. Les voisins qui ronflent aussi fort qu'une tondeuse à gazon. Et... le froid. Oui le froid. Car la nuit, la température descend très bas, sous les 10 degrés. Avec le vent qui s'infiltre sous les voiles de la tente, mieux vaut s'enfermer intégralement dans son duvet. Moi qui comptais partir sans cuissard long, je remercie ma compagne qui, à la dernière minute, m'a tendu un collant noir (oui, un modèle féminin) en me disant:«Tiens, tu verras, ça pourra te sauver la vie le soir. On ne sait jamais.» A croire qu'elle a déjà couru le marathon des sables.

 
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